Mission pour un apprenti archéologue
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Bienvenue !
Bienvenue, apprenti archéologue sur le site de fouille du fort de Ville-Marie !
Nous sommes présentement en pleine recherche. Voici ta mission, si tu décides de te joindre à nous : déterminer un des types de commerce qui était pratiqué au Fort. Trouveras-tu sur le site des indices te permettant de répondre à cette question ? Quels artefacts crois-tu pouvoir trouver en fouillant le sol ?
Consulte le livre que je t’ai laissé pour connaître les étapes à suivre. J’ai hâte de voir ce que tu découvriras !
L’archéologie... c’est quoi ?
L’archéologie est une science qui raconte l'histoire d'un lieu, en interprétant des indices trouvés dans le sol. Ces indices peuvent être des objets, des bâtiments ou des empreintes qui témoignent de l’occupation humaine et des modes de vie passés. L’archéologie sert à faire le lien entre ces indices du passé et l’évolution qui a mené au monde d’aujourd’hui.
L’archéologie en 7 étapes !
Pour savoir ce qu'il doit chercher, où chercher et pour fouiller le sol et faire connaître ce qu’il trouve, l’archéologue doit suivre un processus établi : la démarche archéologique.
Il faut suivre les étapes !
Étape 1 : consulter les sources d’information
Les premiers indices de l’archéologue se trouvent dans des livres, des lettres, des documents officiels, des journaux de voyage, sur des cartes et des plans. L’archéologue consulte ces sources d’information pour établir le potentiel d’un site et vérifier si son hypothèse de départ est la bonne. Il y trouve des indications sur le lieu de la recherche : son histoire, sa géographie, ses ressources et ses habitants.
Matériel requis : livres, documents, journaux, cartes, etc.
Étape 2 : explorer pour repérer les vestiges
Avec le temps, les traces du passé ont pu être ensevelies ou recouvertes par des constructions plus récentes. Avant de fouiller un grand espace, il faut vérifier que l’endroit à creuser est le bon et s’assurer que les couches de sol accumulées avec les années sont encore en place et en bon état. L’archéologue doit donc effectuer des petits creusements exploratoires dans le sol, qu’on appelle « sondages ».
Matériel requis : plan de site, carotteuse, pelle, truelle, rétrocaveuse
Étape 3 : fouiller le sol méthodiquement
L’archéologue entreprend la fouille du sol, couche par couche, pour découvrir les traces des bâtiments anciens, l’aménagement des lieux et des objets perdus ou jetés. Pour trouver ces traces, il doit procéder avec méthode. C’est pourquoi les aires de fouilles sont divisées en plus petites sections, portant chacune un numéro différent, en fonction de leur position et de leur profondeur. L’archéologue identifie la nature du sol qu’il retire ; photographie, mesure et dessine chacune de ces petites sections ; note la présence des vestiges de bâtiments qui s’y trouvent et recueille les objets qu’il y découvre.
Matériel requis : truelle, tamis, seau, brouette, balai, porte-poussière, appareil photo, crayon, fiche croquis.
Étape 4 : nettoyer, classer des objets et en faire l’inventaire
Les objets sont nettoyés et numérotés avec le numéro de la petite section où ils ont été trouvés. Ils sont ensuite identifiés selon leur matériau, leur fonction et leur datation.
Matériel requis : brosse à dents, savon, eau, brosse douce, bac, crayon, étiquette, plume et encre de Chine, fiche d’enregistrement.
Étape 5 : Analyse
En tenant compte de toutes les informations qu’il a amassées durant la fouille (plan du terrain, vestiges, inventaire des objets, dessins et photographies de la fouille), l’archéologue propose dans son rapport une interprétation de chaque couche en la situant dans le temps et dans l’espace.
Matériel requis : logiciel d’inventaire, données recueillies pendant les fouilles.
Étape 6 : intégrer les résultats à l’histoire
Le but de l’archéologie est d’intégrer à l’histoire les connaissances acquises grâce aux fouilles. Cette science est bien plus qu’une série de techniques.
Matériel requis : rapports de fouilles, documents d’archives.
Étape 7 : diffuser les résultats
Pour que le travail de l’archéologue profite au plus grand nombre, il faut que ses recherches soient connues. En diffusant les nouvelles connaissances obtenues au prix d’un long travail de recherche, l’« enquêteur historique » révèle au grand public, ainsi qu’à ses confrères archéologues et historiens, une interprétation de ce qu’a pu être notre passé.
Le fort de Ville-Marie et
son histoire
Jacques Cartier a été le premier Européen à remonter le fleuve Saint-Laurent jusqu’au village iroquoïen d’Hochelaga en 1535, suivi par Samuel de Champlain en 1611. Mais c’est le 17 mai 1642 que Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve, a fondé la première mission chrétienne sur le territoire qui allait devenir Montréal. Le groupe d’une cinquantaine de personnes a pris possession de l’île au cours d’une messe et s’est installé sur la pointe de terre à la croisée du fleuve et de la petite rivière Saint-Pierre.
Ce que nous savons du fort provient des recherches archéologiques qui ont été effectuées sur le site, puisqu'il n'existe aucun plan fiable de cet établissement et très peu de documents historiques.
On peut présumer, à partir des vestiges découverts jusqu’à maintenant, que le fort était constitué :
- d’une boutique de forge,
- de quelques bâtiments servant de maison et de magasin
- d’une cuisine ou d’un entrepôt,
- d’un four,
- d’un puits,
- de latrines,
- d’un cimetière,
- de quelques jardins.
Jusqu’en 1654, les habitants du fort vivaient surtout à l’intérieur des limites de celui-ci. En 1665, Maisonneuve a été destitué et a quitté Montréal. Le commerce de la fourrure a alors pris de l’ampleur et la vie des habitants s’est étendue de plus en plus à l’extérieur de la palissade. Le fort est demeuré occupé jusqu’en 1674 environ.
Au cours des années qui ont suivi, le fort de Ville-Marie a lentement été déserté et son abandon a mené à la dégradation des lieux. Malgré les ruines, l’endroit est demeuré un lieu privilégié de rencontres, entre autres pour les foires annuelles des fourrures
Conclusion
La vente d’objets religieux européens.
Si tu as trouvé des objets de culte sur le site du fort de Ville-Marie, c’est parce que ses habitants formaient une délégation chrétienne, qui avait comme objectifs de fonder une nation à leur image et d’évangéliser les Amérindiens qui peuplaient déjà le pays.Cependant, la vente d’objets religieux ne faisait pas partie de leur mission. Ces nouveaux venus d’Europe ont donné en cadeau aux Amérindiens des chapelets afin de les convertir à leur religion. Ce n’était pas du commerce.
Les bagues de jésuites étaient d'abord des objets de culte, mais elles ont probablement été utilisées aussi comme monnaie d’échange contre des fourrures. On peut donc dire qu’il y a probablement eu du commerce des fourrures au fort de Ville-Marie.
Veux-tu retourner sur le terrain pour t’assurer de trouver les 16 artefacts qui y sont enfouis ?
La traite des fourrures avec les Amérindiens.
C’est effectivement le commerce des fourrures !Le site que tu as fouillé a servi de lieu de rencontre et d'échange avec les Amérindiens avant, pendant et après la période du fort de Ville-Marie (1642-1688). Les Français utilisaient comme monnaie d’échange des perles de verre, des bagues de jésuites, des pierres à fusil et d’autres objets comme des chaudrons de cuivre que les Amérindiens recyclaient en pointe de projectiles et objets d’ornement.
Veux-tu retourner sur le terrain pour t’assurer de trouver les 16 artefacts qui y sont enfouis ?
Le commerce d’armes pour la chasse et pour la défense du fort.
Les Français installés au fort de Ville-Marie recevaient d’Europe des armes et des munitions qui leur étaient essentielles pour la chasse. On peut penser que les balles de plomb et les pierres à fusil trouvées sur le site ont été utilisées à cette fin, mais elles ont sans doute aussi servi de monnaie d’échange avec les Amérindiens contre des fourrures.C’est donc le commerce des fourrures qui était pratiqué au fort de Ville-Marie et non le commerce d’armes.
Veux-tu retourner sur le terrain pour t’assurer de trouver les 16 artefacts qui y sont enfouis ?